Les prépas scientifiques

Les grandes écoles d’ingénieurs et les écoles normales supérieures (ENS) recrutent des étudiants aux profils variés, issus de différentes voies de classes préparatoires scientifiques. Il existe sept voies en première année post-bac (dont quatre ouvertes aux bacheliers S et une aux bacheliers STI2D) et les écoles préparées au sein de ces différentes filières ne sont pas exactement les mêmes. C’est donc en suivant ses goûts et ses points forts, tout en ayant présents à l’esprit les concours qu’il envisage, qu’un élève choisit sa prépa. Ce choix l’engage pour deux ans (au moins). La première année (de « mathématiques supérieures », communément appelée la « sup’ ») est suivie d’une deuxième année (« mathématiques spéciales », communément appelée la « spé’ »). Les concours se passent à l’issue de l’année de « spé » qui est parfois redoublée.

A noter :

  • Les enseignements de spécialité suivis en terminale ne prédéterminent pas l’accès aux différentes voies de classes préparatoires scientifiques. Toutes les filières sont ouvertes aux bacheliers S quelles que soient leur filière (SI ou SVT) et leur spécialité (physique-chimie, mathématiques, informatique, SVT, SI). Seule la filière TSI n’est ouverte qu’aux bacheliers STI2D.
  • La première année (de « sup ») ne se redouble pas.
  • ​Changer de voie entre la "sup" (1ère année) et la "spé" (2ème année) est rarissime et les réorientations (nouvelle 1ère année) sont étudiées de très près pour éviter les redoublements déguisés ; elles sont quasi exclusivement réservées à des passages vers une première année d’ECS (éco) ou de BCPST (bio) ou plus rarement vers une hypokhâgne.
  • ​Le redoublement de l’année de "spé" (pour repasser les concours) n’est pas automatique : il est soumis à l’accord du conseil de classe de fin d’année en fonction de l’année écoulée et, selon les cas, sous réserve d’un minimum de résultats aux concours.
  • ​Les élèves inscrits en "spé" pour la première fois sont des "3/2" ; les élèves qui redoublent pour repasser les concours une deuxième fois sont appelés "5/2".
  • Les "5/2" représentent environ le quart des effectifs de l’ensemble des "spé".

A - Les différentes voies

Les voies ouvertes en première année (« sup ») aux titulaires d’un Bac S se distinguent en fonction de la prédominance de telle ou telle matière scientifique. Elles sont au nombre de quatre :

  • MPSI : Mathématiques, Physique et Sciences de l’Ingénieur
  • PCSI : Physique, Chimie et Sciences de l’Ingénieur
  • PTSI : Physique, Technologie et Sciences de l'Ingénieur
  • BCPST : Biologie, Chimie, Physique et Sciences de la Terre

Les titulaires d'un bac technologique STI2D, quelque soit leur spécialité, ou d'un bac technologique STL spécialité SPCL (sciences physiques et chimiques en laboratoire) ont accès aux classes préparatoires TSI (Technologie et Sciences Industrielles). Les prépas TSI visent l'analyse de systèmes complexes et la mise en oeuvre de solutions technologiques. Les activités expérimentales, les démarches d'investigation et la résolution de problèmes sont prédominantes. 

En fonction de la voie suivie en première année, il est possible d’accéder à une ou plusieurs filières de deuxième année, dont les disciplines dominantes ne sont pas les mêmes (voir le schéma ci-dessous).

Schéma synthétique des prépas scientifiques (Source : Wikimedia Commons)

Les filières MP (Mathématiques et Physique), PC (Physique et Chimie), PSI (Physique et Sciences de l’Ingénieur), PT (Physique et Technologies) permettent de se présenter aux concours de presque toutes les écoles d’ingénieurs ainsi qu’aux écoles normales supérieures. Il y a cependant quelques spécificités : les filières PSI et PT ne donnent pas accès aux ENS Paris et Lyon, l’ESPCI est principalement ouverte aux étudiants de PC (avec quelques places pour les étudiants venant de BCPST, MP et PSI). Presque toutes les écoles (hors écoles normales) offrent des places à la filière TSI mais en nombre limité. La filière BCPST permet de se présenter dans les écoles d’agronomie, écoles vétérinaires, les ENS, les écoles de géologie…

Dans les lycées qui comprennent les voies MP, PC, PSI, PT et TSI, il existe généralement deux classes de chaque voie : MP et MP* ; PC et PC* ; PSI et PSI* ; PT et PT* ; TSI et TSI*. L’étoile ajoutée au nom de la classe désigne la classe la plus exigeante, celle regroupant les meilleurs élèves de sup, pour préparer les concours les plus difficiles (voir le point D-6, plus loin)

Généralement, différentes écoles se sont regroupées pour organiser un concours unique : une même série d’épreuves écrites ou orales donne accès à plusieurs écoles. Par exemple : l’école Polytechnique et les écoles normales supérieures partagent plusieurs épreuves ; les écoles des Mines de Paris, de Saint-Etienne, de Nancy partagent des notes avec l’École des ponts, l’ENSAE, Télécom-Paris, Sup’Aéro… Dans ce cas, on parle de « banque de notes » ou de « banque de concours » (Banque X-ENS ; Banque Mines-Ponts ; Banque Centrale Supélec ; Banque des Concours Communs Polytechniques…).

Si un élève ambitionne de rejoindre telle ou telle école spécifique, il est essentiel de bien identifier les voies de classes préparatoires qui permettent de préparer le concours de cette école

B - Ce qui est commun à toutes les voies (sup et spé)

Dans toutes les classes de 1ère et 2ème années, chaque semaine :
  • 2 h de français-philosophie
  • 2 h de LV1
  • 1 h de LV2 (facultative si la LV1 est l’anglais)
  • A partir du 2ème semestre de 1ère année, 2h de TIPE
  • Colles (interrogations orales) de français et de LV1
  • 2h d’informatique (depuis la rentrée 2013 – quota différent en prépa Bio)

L’importance aux concours du français et des langues n’est pas directement proportionnelle à leur place dans l’emploi du temps et les notes y sont souvent très hétérogènes, le travail personnel se révèle ici particulièrement payant.

  • Le programme d’enseignement en français-philosophie est arrêté chaque année et correspond aux sujets qui peuvent être posés aux concours d’entrée des écoles durant deux années. Ce programme comprend trois œuvres liées autour d’un thème. Par exemple, en 2016-2018, le thème est « Servitude et soumission » (sur des œuvres de La Boétie, Ibsen et Montesquieu). En 2015-2017, le thème est « Le monde des passions ».
  • Les Travaux d'initiative Personnelle Encadrés ou TIPE : il s’agit de construire un dossier scientifique à partir d’une recherche personnelle (documentation, expérimentation, modélisation…) sur un thème imposé à l’échelle nationale (par exemple, le thème de l’année 2016-2017 est « Optimalité : choix, contraintes, hasard »). L’objectif est de développer le sens de l’initiative et l’esprit critique des candidats. Le travail est évalué lors d’une épreuve orale (30 minutes effectives décomposées en 15 minutes de présentation de son travail par le candidat et 15 minutes d’échange avec un binôme d’examinateurs).
  • Les heures d’EPS, officielles, sont souvent grignotées par les autres matières (particulièrement les colles). En dehors du fait que le concours de l’école polytechnique (X) comporte des épreuves sportives obligatoires, il est pourtant important pour les étudiants de pouvoir se détendre.
  • Les années sont découpées en semestres (afin de se synchroniser avec les universités).
  • L’informatique est devenue un enseignement obligatoire dans le tronc commun.

C - Ce qui les différencie en "sup" (1ère année)

Au cours du 1er semestre, l'étudiant se prépare à choisir une option pour la suite de sa scolarité, choix qui sera soumis au conseil de classe. Ce choix a des conséquences sur les concours qu'il passera.

  • MPSI
  • PCSI
  • PTSI
  • TSI
4 - Les matières scientifiques en TSI (Technologie Sciences Industrielles) (1ère année)

Les TSI accueillent des élèves titulaires d'un bac STI2D (toutes spécialités) ou STL spécialité SPCL. La prépa TSI dispense une solide formation en sciences de l'ingénieur, en mathématiques et en physique-chimie.

L'emploi du temps est le suivant :
  • ​7 + 3 h de maths,
  • 3 + 3 h de physique,
  • 1 + 1 h de chimie,
  • 2 + 5 h de sciences industrielles de l’ingénieur (SII)
  • Devoirs sur table
  • Colles de SII, physique, chimie, maths
  • Soit 25 h de matières scientifiques (+ TIPE et informatique)

D - Ce qui les différencie en "spé" (2ème année)

  • MP
  • PC
  • PSI
  • PT
  • TSI
  • Classes "étoile"
6 - Les classes "étoile"

Elles concernent a priori les lycées disposant de plusieurs classes par filière ou ayant une politique très sélective : les meilleurs étudiants s'y préparent intensivement aux concours les plus ardus (notamment les ENS et l’École Polytechnique) ; elles ont souvent pris le relais des anciennes classes « prime ». Le passage dans ces classes est décidé par le conseil de classe de fin d’année.

A noter : les étoiles sont à usage interne (certains lycées ont ainsi des classes "double-étoile" ou "demi-étoile"), elles n'ont pas d'existence pour les écoles que préparent les étudiants.

Il n’y a pas de différence de programme, mais une différence de rythme, d’approfondissement et d’entraînement à l’oral.

E - Une autre filière : les prépas "Bio"

En 2 ans, les BCPST (Biologie, Chimie, Physique, Sciences de la Terre) – Véto préparent aux concours

  • de l’INA Paris-Grignon,
  • des ENSA (Écoles Nationales Supérieures Agronomiques),
  • des ENITA (Écoles Nationales d’Ingénieurs des Travaux agricoles),
  • des Écoles des Eaux et Forêts,
  • des Écoles Supérieures de Chimie,
  • des Écoles Nationales Vétérinaires (Alfort, Lyon, Nantes et Toulouse - concours A).

Les prépas « bio » permettent aussi l’entrée dans les Écoles de géologie, de l’eau et de l’environnement (concours G2E).

Une série leur est réservée aux concours de l’ENS (21 places rue d’Ulm, 28 à Lyon, 15 à Cachan).​

En 1ère année (cours + TD + TP) :
  • ​5 + 3 h de maths
  • 2,5 + 1,5 h de physique
  • 1,5 + 1,5 h de chimie
  • 5 + 3 h de biologie
  • 1,5 h d'informatique
  • comme dans toutes les prépas scientifiques, 2 h de français, 2 h de LV1, 2 h d'EPS
  • TIPE
  • stages de terrain en géologie et botanique (suivant les prépas)
En 2ème année (cours + TD + TP) :
  • ​5 + 2 h de maths
  • 2,5 + 1,5 h de physique
  • 2 + 1,5 h de chimie
  • 4,5 + 2,5 h de biologie
  • 1 h d'informatique
  • français, LV, EPS
  • TIPE
  • stages de terrain (suivant les prépas)

A noter : cette présentation est succincte. Il n’y a pas de BCPST à LLG, mais des classes à Henri IV (1), Saint-Louis (3), Fénelon (1), Chaptal (2), ENCPB (1) Janson-de-Sailly (2), Jean-Baptiste Say (1). Si cette filière vous intéresse, allez aux portes ouvertes de ces lycées.

Informations et liens :

  • sur les sites des ENS,
  • ​pour le concours Agro-Véto : www.concours-agro-veto.net (pour les groupes ENSA et ENIA, les Écoles Nationales Vétérinaires, les écoles du concours A PC BIO, celles des concours A ARCH BIO et A TB ARCH BIO, le réseau Polytech, l’ENSTIB),
  • sur le site du concours G2E : http://g2e.ensg.inpl-nancy.fr.

F - Pour ceux qui ne passent pas en spé...

L’immense majorité des étudiants de « sup » passent ensuite en « spé ». Il arrive néanmoins que certains étudiants ne souhaitent pas poursuivre en prépa et que d’autres ne soient pas admis en 2ème année. Que peuvent-ils faire alors ?

  • Se réorienter en ECS ou BCPST (1ère année) : Il s’agit souvent d’étudiants ayant fortement hésité entre deux voies au moment de leur inscription en fin de Terminale : il faut évidemment un profil qui corresponde à la prépa demandée et de bons arguments ; l’inscription se faisant hors procédure APB, elle sera plus difficile s’il faut changer d’établissement.
  • Passer un concours d'école d'ingénieur à bac +1 (prépa intégrée) : Il s’agit des écoles dites « à prépa intégrée ». Cette solution convient particulièrement aux étudiants qui ont déjà un projet (ou une idée) de spécialisation et à qui le stress d’une maths spé’ n’apporterait rien.
  • Changer de lycée pour y trouver des classes non étoilées, ou à plus petits effectifs, ou mieux adaptées à leur rythme de travail. À LLG, cette démarche est généralement encadrée par le lycée : choix du lycée d’accueil, lettres d’accompagnement des enseignants.
  • S'inscrire à l'université et faire valider son année de prépa. Pour prendre sa décision de dispense ou non de 1ère année, l’université tiendra compte des résultats de prépa : le conseil de classe délivre à la fin de l’année une attestation de 60 ECTS qui doit être validée par l’université. Pour les étudiants de LLG, il existe des accords avec plusieurs universités (UPMC, Paris Descartes, Paris Diderot, Orsay…).

A noter :

  • A LLG, plus de 90% des étudiants de sup' passant en 2ème année restent au lycée.
  • Au niveau national, 23% des étudiants quittent les prépas scientifiques en fin de 1ère année.

G - Pour tous, à l'entrée en sup....

... ne confondez pas mauvaises notes de début d'année et échec annoncé.

Dans beaucoup d’établissements, il n’est pas rare de commencer l’année avec un 2 en maths (par exemple) ! S’adressant à des étudiants ayant jusqu’à présent eu des parcours sans fautes, une mention « bien » ou « très bien » au bac, le choc peut faire baisser les bras, d’autant plus qu’on pourra trouver dans chaque classe quelques étudiants qui auront tranquillement 18 aux mêmes devoirs.

Deux choses à savoir avant de jeter l'éponge :

  • Les très « forts en maths », venus de tous horizons et recrutés sur ce critère, ne sont pas la moyenne de la classe.
  • On est rarement seul à démarrer très bas, le changement de rythme, de méthode, d’environnement (48 élèves par classe) est pour beaucoup très déstabilisant. La notation change aussi, elle est souvent d’emblée quasiment celle des concours ; il faut apprendre à la recevoir comme une mesure du chemin qui reste à parcourir.

En cas de doute ou de découragement, il est très important d’oser faire le point avec l’enseignant de la matière concernée. Lui seul sait comment son cours va évoluer, il évalue très vite l’aptitude de chacun à acquérir une méthode de travail efficace et adaptée aux exigences des concours. N’oubliez pas qu’un prof de prépa n’est pas un enseignant du secondaire : il a face à lui un groupe de jeunes adultes qu’il « entraîne » comme une équipe. C’est à l’étudiant de prendre l’initiative de la rencontre.

Il peut être utile de faire aussi un bilan de son organisation personnelle (installation, rythme, équipement…) pour éliminer toutes les occasions de perdre du temps et donc de perdre pied​.

L’évolution compte plus que le démarrage. Il faut souvent un semestre pour passer totalement du rythme de terminale à celui de prépa ! Appuyez-vous sur les autres pour absorber le choc du départ, ne négligez pas l’élan et l’entraide que procure l’esprit « promo » d’une prépa, la régularité dans l’effort fera le reste…​

Le site de LLG offre des conseils et exercices préparatoires pour passer de la terminale S à la première année de « math sup’ ».

H - Les différentes écoles

La première chose à retenir est que le nombre de places dans les écoles d’ingénieurs est plus élevé que le nombre de candidats ! L’immense majorité des élèves de classes préparatoires scientifiques intègrent une école d’ingénieurs.

​Il est impossible de présenter les dizaines de grandes écoles (plus de 150 au total) accessibles par concours après une classe préparatoire scientifique. Nous nous contentons ici de présenter les principaux concours ainsi que les sites permettant d’en savoir plus.

I - Pour en savoir plus...

  • Les programmes exacts de chaque discipline dans chaque voie peuvent être trouvés ici ou bien ici. Ces programmes ont été modifiés en 2013 pour s’inscrire dans la continuité de la réforme du lycée, ce qui implique la modification des concours depuis la session 2015.
  • Le site des concours centralise de très nombreuses informations sur chaque parcours et sur les différentes banques de concours. Il indique également les statistiques de réussite de chaque lycée aux différents concours.
  • La presse nationale publie régulièrement différents classements des classes préparatoires, établis à partir des réussites de leurs étudiants aux différents concours. Si la place d’un lycée dans ces classements peut intervenir dans le choix d’un établissement plutôt qu’un autre, il ne faut surtout pas se fier à ce seul classement pour classer ses choix sur APB : la proximité du lycée par rapport au domicile, l’existence des voies de première et de deuxième années, les conditions matérielles d’étude, l’ambiance… sont des critères déterminants.
  • Des conseils, des détails pratiques : cliquez ici.
  • Un forum de discussion entre élèves ou futurs élèves, sur les filières, les lycées, les concours : cliquez ici.
  • Pour savoir où se situent les différentes classes préparatoires : liste complète des lycées et des voies existantes.

Une carte des CPGE scientifiques

Le lycée Louis-Le-Grand compte :

  • ​4 classes de MPSI : dominante Mathématiques et Physique
  • 2 classes de PCSI : dominante Mathématiques (un peu moins qu'en MPSI), Physique et Chimie
  • 4 divisions de Spéciale MP* (dont une de niveau intermédiaire)
  • 1 division de Spéciale MP
  • 1 division de PSI* (Sciences et Physique de l'Ingénieur)
  • 3 divisions de Spéciale PC* (dont une de niveau intermédiaire)

Pour en savoir plus, cliquez ici.