Les prépas économiques et commerciales, voie scientifique (ECS), et les autres…

La prépa ECS

Ancienne voie générale, la filière scientifique (ECS) est celle qui ouvre le plus de places aux concours des écoles de commerce, le taux de réussite dans les écoles les plus « cotées » y est toujours meilleur que par la voie économique (ECE).

L’inscription y est extrêmement sélective : il existe en effet beaucoup moins d’écoles de commerce que d’écoles d’ingénieurs et leurs performances, hors d’un premier cercle, sont très disparates, d’où l’importance d’entrer dans une « bonne » prépa. Penser qu’un dossier « moyen » permet d’entrer plus facilement en prépa ECS qu’en prépa scientifique est une erreur d’appréciation qui mène généralement à une impasse : il faut un profil très équilibré.

Pour information, le lycée Louis-le-Grand a reçu en 2016, 22 fois plus de candidatures en ECS qu’il ne propose de places (environ 16 fois plus en scientifique et 10 fois plus en littéraire).

L’inscription acquise, pas de questions de stratégie à se poser jusqu’aux concours !

Les prépas ECS sont théoriquement ouvertes à toutes les options des bacs S (rarement à des bacs ES) ; dans les faits, à dossiers comparables, l’option maths est souvent privilégiée. Les maths pèsent lourd dans les concours (fort coefficient dans les écoles les plus convoitées).

Autres prépas commerciales
  • Avec un bac L option maths et un très bon dossier, on peut tenter sa chance en prépa ECE (qui est traditionnellement réservée aux bacheliers ES : programme de maths allégé, analyse économique et histoire des sociétés contemporaines plus poussée). Cette stratégie n’est pas nécessairement la meilleure : n’oubliez pas que l’option lettres et sciences humaines des concours commerciaux a été mise au point spécialement pour les élèves de khâgne et que ceux qui font ce choix obtiennent d’excellents résultats.
  • Les prépas ENS Cachan (D1 « économie droit gestion » et D2 « économie méthodes quantitatives gestion ») sont également ouvertes aux bacheliers S (25%) (plus rarement L avec spé math) ; moins connues, ces filières proposent un double cursus : au lycée et à l’université. Les débouchés sont l’ENS Cachan, l’ENS Rennes, quelques écoles de commerce, le Celsa et des filières sélectives de l’université.
Le profil des candidats à une prépa commerciale

Cette filière s'adresse à des profils d'élèves équilibrés : très bons en mathématiques (surtout pour ECS) et performants en matières littéraires (histoire-géographie, français, philosophie, langues vivantes. La culture générale, la curiosité et l’esprit d'analyse, les qualités d'expression française et la maîtrise de deux langues vivantes (dont obligatoirement l’anglais) aident à la réussite.

La charge de travail en prépa ECS

La préparation aux concours commerciaux se fait obligatoirement en 2 ans ; la charge de travail est répartie entre les 31 semaines de 1ère année et les 23 semaines de 2ème année, passant progressivement de l’acquisition d’une culture de base à son approfondissement, puis à un entraînement intensif aux concours. Entre le travail personnel et le temps des cours, il faut compter 50 à 60 heures/semaine.

Comme pour toutes les prépas, la 1ère année ne se redouble pas (ce qui ne signifie pas que le passage soit automatique !). C’est le conseil de classe qui décide de l’admission en 2ème année, qui peut être redoublée par ceux qui ont échoué aux concours ou qui ne sont pas satisfaits de leurs résultats (ils deviennent alors « cubes »), mais uniquement avec l’accord du conseil de classe.

En France, environ 17 % des élèves des prépas économiques se réorientent en fin de 1ère année et 10 % redoublent leur 2 année.

C’est l’équilibre entre toutes les matières enseignées qui fait la richesse et la difficulté spécifique des prépas commerciales.

En deux ans, l’enseignement (en ECS) porte sur :

  • les maths (algèbre, analyse de fonctions, stat. et proba.) : 7 h de cours + 2 h de TD hebdomadaires ;
  • l’histoire et la géographie économiques : 6 h par semaine ;
  • la culture générale (français et philosophie) : 6 h par semaine ;
  • deux langues vivantes (anglais obligatoire) : 2 x 3 h ;
  • l’informatique (en moyenne 1 h) ; plus en option initiation aux sciences économiques (1h) ;
  • ainsi que des devoirs sur table (4h) et des concours blancs (4 ou 5 sur les deux années) (à Louis-le-Grand, un concours blanc, c'est, par exemple : 1er jour 4h de maths, 3h de français ; 2ème jour : 4h de philo ; 3ème jour : 2h de LV1, 2h de LV2, 2h d'info ; 4ème jour : 4h d'histoire-géo et 5ème jour : 2h d'éco).

Toutes les matières obligatoires donnent lieu à des colles (ou « khôlles », entraînements aux oraux). Plus que de contrôler les connaissances, il s’agit de permettre aux étudiants de prendre conscience de leur manière de raisonner, de présenter leurs idées et leurs conclusions, de tester leurs points forts et de connaître leurs faiblesses.

Les concours des écoles de commerce

La prépa ECS prépare à tous les concours et les principales écoles ont un attrait comparable. Le programme est le même, à quelques nuances près, pour toutes les écoles, c’est l’organisation des concours qui diffère (nombre et type d’épreuves, coefficients, « barres », oraux, etc.). Le système des banques d’épreuves ou de notes (totales ou partielles) qui limite le nombre d’écrits à passer est très appréciable, non seulement pour le temps mais aussi pour le stress épargnés.

Il y a 2 banques de concours à l’issue des prépas commerciales :

  • Le concours BCE : 23 écoles (dont HEC, ESSEC, ESCP, EM Lyon, EDHEC GEM, etc.). Il permet également d’accéder à 4 écoles associées : l'École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE), l'École nationale d'assurance (ENASS), l'ENS Cachan, département économie et gestion et l'École Spéciale Militaire de Saint-Cyr.
  • Le concours ECRICOME : 3 écoles (Néoma, Kedge, ICN).

La question qui se pose aux élèves des prépas commerciales est plutôt celle des petites écoles de province, quels concours présenter : quel sérieux, quel prix ?

  • Sachez que si de nombreuses écoles recrutent après une prépa ECS, certaines ne sont pas habilitées à délivrer un Master. Attention : certaines écoles allongent la durée de leur scolarité pour décrocher cette habilitation, mais le contenu ne suit pas toujours.
  • Conscientes du niveau élevé de leurs frais de scolarité, beaucoup d’écoles font un effort particulier pour que le financement des études ne soit pas un obstacle majeur à la qualité de leur recrutement. Nombreuses sont celles qui ont mis en place des systèmes de bourses, prêts d’honneur, alternance ; à partir de la 2ème année, les stages rémunérés sont très répandus. Consultez les écoles qui vous intéressent.
Les autres possibilités
  • Les concours des I.E.P. (Instituts d'études politiques) après la 1ère ou la 2ème année de prépa.
  • L'admission à Sciences Po Paris : après 3 ans de prépa (cubes).
  • Le concours du CELSA (accès en L3 information et communication).
  • L'université. L’inscription parallèle, et la validation des crédits ECTS (60 ECTS par année) permettent de poursuivre des études universitaires en L3.